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Dans l’imaginaire collectif, les manières d’habiter occupent une place majeure. L’habitat est un objet sociologique où les pratiques sociétales et les dispositifs spatiaux entrent en résonance. L’auteur, professeur de sociologie à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Bordeaux, interroge les usages sociaux et les attentes des individus, qui témoignent des profondes mutations des modes de vie au cours du XXe siècle jusqu’à nos jours. Une approche sociohistorique qui ausculte l’évolution des formes résidentielles : recomposition du tissu urbain, gentrification des anciens quartiers délaissés, bidonvilles, émergence de zones résidentielles à la périphérie des villes avec l’érection des tours et des barres des grands ensembles, prolifération des lotissements pavillonnaires des banlieues, phénomène de ghettoïsation des zones en crise : mais aussi la résidence secondaire comme « signe fort d’un désengagement du monde social », ou encore la dystopie paranoïaque des résidences sécurisées… L’inventaire trace le paysage d’une société qui vire du vivre ensemble à l’entre-soi, cultivant des conceptions nouvelles du bien-être entre appropriation de l’espace, recherche de la distinction et tentation de la ségrégation. « Repli sur soi et explosion des mobilités se renforcent à la recherche d’équilibre capables de gérer un bien-être individuel, finalité affichée de nos sociétés », souligne le sociologue. L’habitat dans ses formes multiples actuelles demeure le portrait d’une société, de ses rêves et de ses frayeurs. L’auteur cite dans son introduction le sociologue Pierre Bourdieu : « Chaque intérieur exprime, dans son langage, l’état présent et même passé de ceux qui l’occupent, disant l’assurance sans ostentation de la richesse héritée, l’arrogance tapageuse des nouveaux riches, la misère discrète des pauvres. »

Éditions Parenthèses, collection Eupalinos, 16 €